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lundi 27 avril 2009

صحيفة "لابريس": درس في الإعلام الموضوعي!!؟

نشرت صحيفة "لابريس" يوم الجمعة 24 أفريل2009 مقالا بعنوان "المفوضية الأوروبية ترحب بمستوى التعاون مع تونس. وتطرق المقال في جانبه الأكبر إلى إشادة الاتحاد الأوروبي بوضعية المرأة والأطفال في بلادنا، إضافة إلى عدد من التنويهات الأخرى. لكنه أغفل التعرض لما أبداه الاتحاد الأوروبي من ملاحظات حول الثغرات الموجودة في نظامنا القضائي الذي لا يتلاءم مع المعايير الدولية لاستقلال القضاء. وحول تحفظات الحكومة التونسية على البروتوكول الاختياري الملحق بالعهد الدولي للحقوق المدنية والسياسية ومعاهدة مناهضة التعذيب. كما لم يتطرق المقال لطلبات زيارة مقرري الأمم المتحدة لاستقلال القضاة والمحامين، والتعذيب، والمدافعين عن حقوق الانسان التي بقيت معلّـقة. ولا لموقف الاتحاد الأوروبي من وضع حرية التعبير الذي تعرف صعوبات. ولا للعراقيل المسلطة على استعمال شبكة الانترنت، وموقع تونس في أسفل جداول الترتيب العالمي لحرية الصحافة، مثل ما جاء في التقرير. المقال لم يلتفت كذلك لما ورد في التقرير الأوروبي من ملاحظات حول العراقيل التي تواجه التنظم الجمعياتي، وعرقلة عمل المدافعين عن حقوق الانسان. فضلا عن التحديدات المفروضة على الحق في التنقل وممارسات سحب جوازات السفر. فأي قيمة لنقل هذه الملاحظات، التي من شأنها أن تعكّـر صفو انجازاتنا الرائدة!؟
إعلامنا الجميل يطبق قاعدة "كن جميلا، ترى الوجود جميلا"!!؟
أما الموضوعية، والحرفية، والقاعدة القائلة بأن الخبر مقدس والتعليق حرّ والكفاءة، فتلك كلها اجترارات لا مكان لها في قاموس مسؤولين يرون في كرسي المسؤولية المسند لهم منّـة يلهجون بها، وليس أمانة وعبئا عليهم تحملهما بكفاءة قد لا يتوفرون عليها!؟
قد يلوم البعض إعلامنا على تخلّفه، لكن لا تنسوا رجاء بأن هذا الغصن فرع من تلك الشجرة.. وفاقد الشئء لا يعطيه؟
إليكم تقرير الاتحاد الأوروبي ومقال "لابريس"، ولكم الفصل


DIALOGUE POLITIQUE ET REFORMES

Démocratie et Etat de droit

Les objectifs poursuivis dans ce domaine visent entre autres à consolider les institutions garantissant la démocratie et l’Etat de droit, développer le rôle de la société civile, promouvoir les reformes administratives notamment en vue d’améliorer la transparence, consolider l’indépendance et l’efficacité de la justice, et à améliorer les conditions pénitentiaires.

En ce qui concerne les élections présidentielles, une loi constitutionnelle portant dérogation aux dispositions électorales a assoupli, en juillet 2008, les règles relatives aux candidatures à la Présidence en supprimant la condition de parrainage par 30 députés/présidents de municipalités, et en autorisant les premiers responsables de tout parti politique depuis deux années minimum à présenter leur candidature. En outre, la même loi a réduit l’âge de vote de 20 à 18 ans. La possibilité pour les partis d’opposition d’être présents au Parlement a été renforcée, un minimum de 25% des sièges leur étant assuré selon les dispositions en vigueur. Les élections parlementaires et présidentielles sont prévues pour l’automne 2009, et leur bon déroulement sera essentiel pour le processus démocratique tunisien. Le gouvernement a annoncé des mesures garantissant l’accès des candidats opposants aux médias audiovisuels publics durant la campagne électorale, et s’est engagé à ce que le scrutin se déroule dans des conditions d’intégrité et de transparence.

La situation du système judiciaire et pénal continue à présenter des lacunes. L’observation de plusieurs procès en Tunisie en 2008 a montré que, dans un nombre de cas, l’application pratique des droits et procédures prévus par la loi n’a pas été respectée.

Dans le domaine de la justice, le programme de modernisation du secteur, financé par la Commission européenne, avance bien et tous les contrats signés ont démarrés ; concernant l’appui à l’Institut de formation des avocats (ISPA), l’adhésion du Barreau dans les modalités de fonctionnement actuelles de l’Institut est une évolution positive à signaler, et la participation des avocats à ce programme s’est beaucoup améliorée.

La Tunisie a ratifié la Convention des Nations Unies contre la corruption en mars 2008. Le niveau de perception de corruption entre 2007 et 2008 est pratiquement constant. Toutefois la Tunisie compte plusieurs institutions pour lutter contre la corruption, comme notamment les Commissions des marchés publics, le Conseil du marché financier et la Cour des comptes.

Respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales

Les objectifs poursuivis dans ce domaine comprennent: le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales conformément aux conventions internationales; le respect de la liberté d’association, d’expression et le pluralisme des médias; la promotion et protection des droits des femmes et des enfants ; et le respect des principes, des droits fondamentaux, des normes et des conventions fondamentales du travail.

La deuxième réunion du sous-comité « Droits de l’homme et Démocratie » a eu lieu en octobre 2008. L’UE et la Tunisie ont convenu de l’utilité de l’enceinte de dialogue qui permet un échange de vues sur les questions relatives aux droits de l’homme et à la démocratie dans un climat de confiance. Il a été convenu d’étudier les futures formules de coopération possibles afin d’augmenter le rôle de la société civile dans le débat sociétal et la démocratie tunisienne. La tenue de cette réunion n’a pourtant pas été suivie des résultats concrets en ce qui concerne le respect des droits de l’homme dans le pays.

Dans le cadre des Nations Unies, le Conseil des droits de l’homme a débuté ses travaux relatifs à l’Examen périodique universel de tous ses membres. Lors de sa participation à l’Examen périodique universel dans ce cadre en avril 2008, la Tunisie a annoncé vouloir accueillir tous les rapporteurs spéciaux du Conseil des droits de l’homme, ainsi que de la Commission africaine des droits de l’homme, et de vouloir soumettre en 2008 huit rapports en suspens aux organes conventionnels des Nations Unies. Hormis le troisième rapport périodique sur l’application de la Convention relative aux droits de l’enfant, les autres rapports n’ont pas encore été soumis.

La Tunisie n’a toujours pas adhéré aux Protocoles facultatifs du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Elle a également posé quelques réserves aux dites conventions, la plupart portant sur la non-conformité de certains articles avec la Constitution tunisienne.

Pour ce qui est des visites des rapporteurs spéciaux, des demandes de visite ont été soumises par le rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats, sur la torture (2007), et sur les défenseurs des droits de l’homme (2008). Aucune visite n’a eu lieu en 2008. Il y a accord sur une prochaine visite du Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte anti-terroriste, mais elle ne s’est encore matérialisée. La Tunisie a accepté toutes les recommandations formulées à l’issue de l’Examen périodique par le Conseil des droits de l’homme, et a créé une instance chargée de suivre la mise en œuvre de ces recommandations.

En juin 2008, une loi a été promulguée pour consacrer l’indépendance du Comité supérieur des droits de l’homme et des libertés fondamentales, en le dotant d’un statut législatif et en renforçant son autonomie financière. Ses attributions ont été élargies (visites inopinées dans les lieux de détention) et il dispose désormais de la capacité d’auto-saisine sur des questions relevant de son champ de compétence.

La peine de mort demeure en vigueur dans la législation, mais elle n’est plus appliquée depuis 1991, toute peine capitale ayant été commuée en réclusion à perpétuité. La Tunisie a annoncé que le chef de l’Etat a publiquement déclaré qu’il ne signerait plus jamais de mandat d’exécution. En 2008, la Tunisie était absente lors du vote sur la Résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies appelant à un moratoire.

En ce qui concerne la détention, parmi les éléments positifs, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est autorisé à visiter les prisons tunisiennes, et depuis 2005, l’ensemble des établissements a été visité. En avril 2008, la Tunisie a annoncé étendre cette autorisation à Human Rights Watch. Des pourparlers sont en cours concernant les futures modalités de coopération. Les conditions de vie carcérale restent à améliorer et il a été fait état de mauvais traitements de détenus. Un manque de respect des procédures judiciaires et du droit à la défense et des droits des détenus a été relevé dans plusieurs cas, et des accusations de torture sont restées sans suite.

La Tunisie s’est dotée en juillet 2008 d’une loi pour les femmes enceintes en détention.

La liberté d’expression connaît toujours des difficultés, et il en est de même pour le libre accès à Internet et à son contenu. Dans des classements internationaux de la liberté de la presse, la Tunisie figure en bas du tableau, et des entraves empêchent aux journalistes de faire leur travail librement. Le Code de la Presse demeure très restrictif, toute nouvelle publication ne pouvant être imprimée sans autorisation du Ministère de l’Intérieur et du Développement local. En 2008, la procédure du dépôt légal pour les journaux étrangers a été supprimée, mais des limitations dans leur libre circulation persistent.

L’application concrète et quotidienne des garanties liées à la liberté d’association et de participation à la vie politique connaît toujours de nombreuses entraves. En effet, le décalage persistant entre d’une part, la législation nationale et les engagements internationaux et, d’autre part, leur application concrète, est une analyse partagée avec des nombreux acteurs, tels que le Parlement européen ou le Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’expression et d’opinion.

Des exemples constatés de manière récurrente sont les entraves au travail des défenseurs des droits de l’homme, aux réunions de certains partis politiques légaux et des associations, ainsi que la limitation de la circulation de personnes par la pratique de rétention de passeports.

L’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme en avril 2008, a recommandé la facilitation de l’enregistrement des organisations de la société civile, des associations et des partis politiques. La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, la plus ancienne organisation pour les droits de l’homme dans la région, est toujours empêchée de fonctionner normalement.

La situation de la femme et la protection de leurs droits demeurent parmi les meilleures du monde arabe. En avril 2008, la Tunisie a levé les réserves annexées à la loi portant ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant ; a ratifié le Protocole facultatif à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et a approuvé la Convention relative aux droits des personnes handicapées et du Protocole facultatif s’y rapportant. L’adoption en février 2008 d’un projet de loi amendant certaines dispositions du Code du statut personnel a permis de consacrer le droit au logement de la mère divorcée ayant la garde de ses enfants. Un Plan national sur les violences à l’égard des femmes est à l’étude, marquant un intérêt accru pour les questions de violence familiale et conjugale. La Tunisie a poursuivi sa politique de promotion des droits sociaux, culturels et économiques avec une importance particulière pour les droits des femmes et des enfants.

En ce qui concerne les droits des enfants, la situation en Tunisie est généralement bonne (taux de scolarisation très élevé, faible présence du travail des enfants, etc.), et la totalité des conventions internationales thématiques a été ratifié.

En dépit des acquis sociaux importants, en matière de droits fondamentaux et des normes du travail, certains problèmes continuent à se poser quant au respect de la Convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical. Certains articles du Code du travail restent non-conformes avec les dispositions de ladite convention.

Sujets régionaux et internationaux ; coopération dans les domaines des relations étrangères et de la sécurité, prévention des conflits et gestion des crises

En matière de relations étrangères, sécurité/défense et coopération régionale, le dialogue avec l’UE en matière de PESC et PESD est régulier au niveau régional (y compris dans le cadre du Dialogue 5+5) et bilatéral avec les Etats Membres. La Tunisie mène une politique ouverte et modérée sur les grands dossiers internationaux comme avec l’ensemble de ses voisins. L’ancrage à l’UE en constitue l’un des axes prioritaires, tout comme la référence permanente à la place du multilatéralisme dans la conduite des affaires mondiales.

Tout comme l’année dernière, la Tunisie appuie les efforts internationaux en matière de gestion de crises (Afrique, Moyen Orient), et participe activement au dialogue au sein des Nations Unies.

Malgré l’engagement constant de la Tunisie et le rôle de facilitateur qu’elle joue, l’intégration régionale entre les pays du Maghreb continue à se heurter à de nombreux obstacles, difficiles à surmonter. Les échanges commerciaux inter-maghrébins sont encore très réduits. Les barrières non tarifaires, administratives et normatives ainsi que l’interprétation variée des règles d’origine ont jusqu’à présent empêché des avancées substantielles. L’UMA (Union du Maghreb Arabe) ne fonctionnera réellement que quand les écueils politiques qui créent des obstacles à son travail seront franchis. En matière de lutte contre le terrorisme, il n’y a pas eu de progrès à rapporter.





Dans un document publié hier par l’UE

La Commission européenne se félicite du niveau de la coopération avec la Tunisie

La situation de la femme et de l’enfant et la protection de leurs droits demeurent parmi les meilleurs du monde arabe

Les réformes économiques et législatives ont enregistré des avancées importantes et se sont traduites par une forte croissance de l’économie et une augmentation notable du volume des échanges avec l’UE

Dans un document de stratégie sur la mise en œuvre de la politique européenne de voisinage (PEV), publié hier, la Commission européenne souligne que le partenariat Tunisie-UE continue de s’intensifier, soulignant les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d’action commun.

Le document se félicite du niveau atteint par cette coopération, particulièrement dans les domaines de l’éducation et de la politique sociale.

Le rapport rappelle que la Tunisie a été le premier pays de la région euroméditerranéenne à signer un accord d’association avec l’Union européenne et à établir un partenariat politique, économique et social avec l’Europe.

Dans le cadre de cet accord, entré en vigueur en mars 1998, la Tunisie et l’Union européenne s’engagent à créer progressivement une zone de libre-échange d’ici 2010.

"La Tunisie est le pays le plus avancé dans ce domaine, puisque, depuis le 1er janvier 2008, tous les tarifs sur les produits industriels ont été abolis, deux ans avant l’échéance initiale", précise le document.

Le plan d’action entre les deux parties a été adopté en juillet 2005. Une intense coopération institutionnelle, à travers le conseil d’association UE-Tunisie, le comité d’association et les dix sous-comités ou groupes de travail institués, a permis aux deux parties de progresser dans la mise en œuvre de l’accord d’association et du plan d’action PEV.

"La situation de la femme et de l’enfant et la protection de leurs droits demeurent parmi les meilleures du monde arabe", souligne le rapport, rappelant qu’en avril 2008, la Tunisie a levé les réserves annexées à la loi portant ratification de la convention relative aux droits de l’enfant, ratifié le protocole facultatif à la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et approuvé la convention relative aux droits des personnes handicapées et le protocole facultatif s’y rapportant.

Le rapport précise, également, que l’adoption par la Tunisie, en février 2008, d’un projet de loi amendant certaines dispositions du Code du statut personnel a permis de consacrer le droit au logement de la mère divorcée ayant la garde de ses enfants.

Sur un autre plan, le rapport ajoute que les réformes économiques et législatives ont enregistré des avancées importantes et se sont traduites par une forte croissance de l’économie tunisienne et une augmentation notable du volume des échanges avec l’UE.

Les négociations bilatérales avec l’UE sur la poursuite de la libéralisation progressive du commerce des services et du droit d’établissement ont été lancées en mars 2008, ainsi que les négociations pour la libéralisation du commerce des produits agroalimentaires et de la pêche.

La Tunisie a continué, ajoute le rapport, à œuvrer en faveur du renforcement du climat des affaires. La mise en oeuvre, durant 2008, de la loi sur l’initiative économique a accru la protection des investisseurs et facilité les conditions nécessaires à l’enregistrement et à l’établissement et aux droits des sociétés.

Le document met l’accent sur les efforts déployés par la Tunisie en matière de contrôle des frontières et de lutte contre l’émigration illégale.

Le rapport rappelle que la Tunisie a ratifié la convention des Nations unies contre la corruption en mars 2008 et compte plusieurs instituions pour lutter contre la corruption, dont notamment les commissions des marchés publics, le Conseil du marché financier et la Cour des comptes.

L’Union européenne(UE) développe, dans le cadre de sa politique de voisinage, des relations privilégiées avec les pays voisins, dont la Tunisie, dans l’objectif d’établir un espace de prospérité caractérisé par des relations étroites et pacifiques, respectant les valeurs communes, à savoir la démocratie, l’Etat de droit, la bonne gouvernance, les principes d’une économie de marché et le développement durable.

http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=1&news=92606

mardi 21 avril 2009

Article de Hmida Ben Romdhane censuré par le directeur de La Presse: Israël est un Etat raciste

Cher(e)s ami(e)s

Encore une fois le directeur de la Presse se pose en tuteur des lecteurs du journal pour décider ce qu’ils doivent et ce qu’ils ne doivent pas lire. Encore une fois, le directeur de la Presse fait usage de son « pouvoir régalien », comme il l’a dit, pour censurer un article sur Durban II, la Conférence sur le racisme qui a commencé ses travaux lundi à Genève. L’article censuré, intitulé « Israël est un Etat raciste » , analyse la politique suivie par ce pays et met à nu les positions par trop déséquilibrées d’un Occident qui, dès qu’il s’agit du Proche-Orient, se met promptement du côté des agresseurs, en brandissant son instrument rouillé des deux poids et deux mesures.

Je n’ai aucune idée sur les motivations qui ont amené le directeur à censurer l’article, puisqu’il n’a même pas daigné m’appeler pour me dire ce qu’il reproche à l’analyse. J’ai découvert la censure ce matin en ouvrant le journal. Cela donne une idée sur le respect que témoigne le directeur de la Presse à ses collaborateurs et confirme l’idée qu’il croit sérieusement à son « pouvoir régalien ».

Vous trouverez l’article en question en pièce jointe. L’article se trouve également sur mon blog www.lastas.blogspot.com

Je compte sur vous pour l’effet boule de neige.

Bonne lecture.

Hmida Ben Romdhane


Israël est un Etat raciste



Par Hmida Ben Romdhane

On se rappelle de Durban I, la première conférence sur le racisme et la discrimination, qui s’est tenue en Afrique du sud, juste quelques jours avant les attentats du 11 septembre 2001. Les Etats-Unis et Israël avaient alors claqué la porte avant la fin des travaux sous le prétexte que les participants étaient « anti-israéliens », établissaient une « équivalence entre le sionisme et le racisme » et voulaient obliger les Américains à « s’excuser » de leur passé esclavagiste.
Ces deux pays ont récidivé en décidant de boycotter Durban II qui s’est ouverte hier à Genève. Ils ne sont pas les seuls. Le Canada, l’Australie, l’Italie et les Pays-Bas ont décidé eux aussi de ne pas assister. Une décision d’autant plus surprenante que le texte de la déclaration finale a été remanié dans le sens des exigences occidentales, c'est-à-dire en biffant toute référence à Israël et au conflit israélo-arabe. Le communiqué final de Durban II ne parle plus désormais que de « la détresse des Palestiniens » à laquelle, pour « faire l’équilibre », on a collé « le droit d’Israël à la sécurité ».
D’autres pays de l’UE ont décidé de participer, mais ont menacé de se retirer si le président iranien critique Israël. Il faut rappeler ici que ces mêmes pays se sont fermement opposés à toute interdiction de critiquer l’islam sous prétexte que cela « limiterait la liberté d’expression ». Mais voilà qu’ils nous fournissent la preuve qu’Israël est plus sacré que le sacré.
Israël et ses amis ne se sont pas contentés de boycotter la conférence de suivi de Durban I qui se déroule actuellement à Genève, ils ont mobilisé leurs démagogues et propagandistes de service dans une tentative de discréditer le forum et tout ce qui en découle. Le déchaînement contre Durban II a atteint des proportions hallucinantes. Certains sont allés jusqu’à suggérer l’idée que le choix de la date du 20 avril, qui se trouve être la date de naissance d’Adolphe Hitler, a été fait sciemment pour fêter en même temps l’anniversaire du dictateur nazi…
Un certain Alan Caruba, par exemple, a écrit sur un site canadien (www.canadafreepress.com) que « quand la conférence se réunit le 20 avril, jour de la naissance de Hitler en 1889, son esprit dominera les travaux de Durban II. La bonne nouvelle est que les diplomates américains n’assisteront pas. Espérons que d’autres pays qui ont souffert de la haine génocidaire de Hitler n’assisteront pas non plus. » Après cette exploitation malhonnête d’un simple hasard de calendrier, le propagandiste du sionisme verse dans le délire : « Durban II », dit-il, « est un autre exemple de Jihad Islamique et de ses siècles de guerre contre les autres religions. Ceux qui nieront son existence continueront à souffrir de ses conséquences. »
En Israël, Yitzhak Herzog, ministre des affaires sociales, et chargé en même temps de « la lutte contre l’antisémitisme dans le monde », qualifie Durban II de « spectacle cynique manipulé par l’axe Iran-Libye-Pakistan ». Pourtant ce ministre ne peut ignorer que Durban II ne vise rien d’autre que de faire le suivi de Durban I, c'est-à-dire de voir le degré d’application des recommandations de la conférence de 2001 sur le racisme, recommandations qui ont été adoptées par 189 pays, autant dire par la planète entière à deux exceptions près, Israël et les Etats-Unis.
Il y a tout lieu de craindre qu’en Israël beaucoup de politiciens, visiblement déstabilisés par Durban I et II, aient totalement perdu la maîtrise d’eux-mêmes. Leur arrogance a atteint des sommets tels qu’ils se croient en droit de dicter au président du pays hôte de la conférence qui rencontrer et qui ne pas rencontrer.
Le président de la confédération suisse a prévu une rencontre avec le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Avant même que cette rencontre n’ait lieu, des tirs à boulets rouges en provenance d’Israël ont visé le président suisse coupable d’avoir rencontré chez lui un homologue étranger, Ahmadinejad, qui n’est pas en odeur de sainteté en Israël. Le vice ministre israélien des affaires étrangères a dénoncé « une rencontre malheureuse, une décision bizarre qui ne peut que porter atteinte à la Suisse ».
La chose est entendue. Israël a le droit de critiquer le président suisse pour une simple rencontre avec un homologue étranger. Mais le monde n’a nullement le droit de critiquer Israël pour ses crimes abominables qu’il n’a cessé de commettre depuis 60 ans contre les Arabes. Voilà où on en est aujourd’hui dans ce monde bizarre.
Le tort des organisateurs de Durban II est qu’ils ont reculé et se sont pliés aux exigences des défenseurs d’Israël en purgeant leur texte de la plus terrifiante des vérités : Israël est un Etat raciste qui a commis un nombre incalculable de crimes de guerre contre les Palestiniens et les Libanais.
Israël est un Etat raciste parce qu’il ne cesse d’exiger jusqu’à ce jour des Palestiniens sa reconnaissance en tant qu’ « Etat juif ». Israël est un Etat raciste parce qu’il pratique la discrimination par la loi à l’intérieur de ses frontières contre les Palestiniens de 1948, et la discrimination par la violence contre les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza (1).
On ne peut ici que nous ranger du côté des congressistes noirs américains et partager leur frustration quant à la décision du président Obama de boycotter Durban II. L’un d’eux n’a pas caché son amertume face au fait que « le premier président noir américain boycotte une conférence sur le racisme ».
Quiconque veut œuvrer à l’instauration de la paix et de la justice dans le monde, quiconque veut la stabilité du Moyen-Orient et la sauvegarde des intérêts de tous les pays, doit appeler un chat un chat. C'est-à-dire désigner Israël comme un Etat raciste et non démocratique, comme il prétend être, afin de l’aider à se débarrasser de ses fanatiques et à suivre la voie de la raison qui est celle de ses intérêts à long terme. Sinon, comme le suggère un rapport de la CIA, il risque fort de ne pas fêter son centième anniversaire. Au Moyen-âge, il y avait un Etat chrétien établi à Saint Jean d’Acre (Akka en arabe et Akko en hébreu) qui n’a duré que 99 ans, c'est-à-dire de 1191 à 1290, et n’avait donc pas fêté son centième anniversaire…


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(1) Lire le livre de l’ancien président américain, Jimmy Carter, « Palestine, Peace not apartheid » (Simon & Shuster, 2006).